
Le sexisme en France : un phénomène massif et structurant
Le rapport du HCE met en évidence que le sexisme en France repose sur deux dimensions complémentaires :
Ce sexisme hostile constitue le terreau idéologique principal du masculinisme. Plus l’adhésion à ce sexisme est forte, plus la perception d’un prétendu désavantage masculin augmente, tandis que les discriminations subies par les femmes sont minimisées, voire niées.
Une société encore profondément marquée par les violences sexistes et sexuelles
Les chiffres du rapport rappellent l’ampleur des violences sexistes et sexuelles :
Le rapport établit un lien clair entre l’adhésion au sexisme hostile et la banalisation de la culture du viol.
Ainsi, parmi les hommes :
Ces chiffres montrent que le masculinisme ne se contente pas de diffuser des idées : il influence concrètement les comportements, les rapports intimes et le rapport au consentement.
Le masculinisme : une idéologie politique, pas une opinion
Le rapport déconstruit l’idée selon laquelle le masculinisme serait un simple “contre-discours” au féminisme. Il s’agit d’une stratégie qui met féminisme et masculinisme dos-à-dos et fait ainsi passer la défense de privilèges masculins pour une revendication d’égalité.
Le masculinisme se caractérise par :
Cette idéologie se décline en une nébuleuse de courants (incels, MRA, PUA, MGTOW, discours virilistes ou de “développement personnel masculin”), aux formes diverses mais au socle idéologique commun : rejet du féminisme, hiérarchisation des genres et banalisation des rapports de domination.
Un phénomène amplifié par le numérique, structuré et financé à l’international
Le numérique joue un rôle central dans la diffusion et la radicalisation des discours masculinistes. Les plateformes favorisent la viralité de contenus misogynes, tout en permettant leur monétisation (abonnements, formations payantes, communautés fermées).
Tout comme les travaux du Forum parlementaire européen pour les droits et santé sexuels et reproductifs que je préside, le rapport souligne également l’existence d’un écosystème transnational : entre 2019 et 2023, 1,18 milliard de dollars ont été investis en Europe par des réseaux anti-genre, religieux extrémistes et partis réactionnaires, auxquels certaines mouvances masculinistes sont directement liées.
Cette convergence avec les mouvements anti-droits et l’extrême droite inscrit le masculinisme dans un projet politique plus large, hostile aux droits des femmes, aux droits sexuels et reproductifs et aux minorités.
Du discours à la violence : une menace pour la sécurité publique
Le HCE insiste sur un point central : le masculinisme ne relève pas uniquement de la sphère numérique. Il constitue une forme de radicalisation idéologique susceptible de mener au passage à l’acte.
La reconnaissance par le Parquet national antiterroriste de la dimension terroriste d’un projet d’attentat masculiniste en France, à Saint-Etienne en juin 2025, marque un tournant. Pour la première fois, l’État reconnaît que certaines formes de radicalisation misogyne relèvent d’un enjeu de sécurité nationale.
Le rapport est clair : la sécurité des femmes et des filles est directement menacée, et la lutte contre le masculinisme doit être pensée comme une question d’ordre public et démocratique.
Les recommandations du HCE
Face à cette menace, le Haut Conseil à l’Égalité appelle à une action publique structurée autour de trois axes majeurs :
Prévenir les radicalisations sexistes
Renforcer la régulation du numérique
Reconnaître et combattre la radicalisation masculiniste
Pour lire le rapport en entier : https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/rapport-2026-sur-letat-des-lieux-du-sexisme-en-france-la-menace-masculiniste