
Retrouvez l’atlas 2026 et le détail de la méthodologie en cliquant à ce lien.
Mon discours:
“Mesdames et Messieurs,
Aujourd’hui, je souhaite aborder un sujet qui se trouve au cœur de l’égalité, de la santé publique et de la justice sociale : l’accès à la contraception en France. Notre pays est souvent présenté comme un modèle en la matière. Pourtant, derrière cette réussite, des défis importants subsistent. Les relever est essentiel pour que les progrès bénéficient à toutes et à tous, partout.
Cet atlas montre que la France est bien positionnée en matière d’accès à la contraception. Quels facteurs peuvent expliquer ces bons résultats ? J’en vois au moins trois :
Le premier facteur est l’existence d’un réseau large et structuré d’associations qui a joué un rôle historique et qui reste aujourd’hui très actif. De plus, ce mouvement a toujours travaillé avec les responsables politiques afin de construire des coalitions permettant à notre pays de progresser en matière de droits sexuels et reproductifs. L’inscription de l’avortement dans la Constitution en 2024 en est le dernier exemple.
Le deuxième facteur est l’existence d’une législation complète et solide : qu’il s’agisse des dispositions relatives à l’accès aux produits contraceptifs, de celles concernant l’accès aux services d’accompagnement, ou encore de l’accès à l’information en ligne, notre cadre législatif est relativement exhaustif.
Le troisième facteur est que la majorité des dispositifs contraceptifs sont pris en charge par la sécurité sociale. Et nous travaillons constamment à améliorer cette prise en charge. Par exemple, depuis le 1er janvier 2022, la contraception est gratuite pour les femmes jusqu’à 26 ans, et non plus seulement pour les mineures. Et depuis le 1er janvier 2023, l’accès à certains préservatifs masculins est gratuit.
Si cette situation peut sembler positive, nous faisons néanmoins face à plusieurs défis majeurs :
Premièrement, comme dans tous les pays, nous sommes confrontés à la structuration croissante des mouvements anti-droits et masculinistes, ainsi qu’à la diffusion de leur idéologie. Nous avons un véritable enjeu de contrôle du financement de ces mouvements et de lutte contre leurs actions, qui visent toujours à entraver l’accès à la contraception ou à l’avortement. Pas plus tard qu’hier soir à l’Assemblée nationale, nous avons entendu des attaques contre l’existence du délit d’entrave à l’avortement, par exemple. Ces mouvements ciblent également spécifiquement les jeunes hommes.
Deuxièmement, nous faisons face à de réelles difficultés budgétaires qui ont un impact sur le travail des associations ainsi que sur l’accès aux soins et aux politiques de prévention.
Enfin, il existe de véritables inégalités d’accès selon les territoires, et certaines politiques, comme le programme d’éducation complète à la sexualité, mettent beaucoup trop de temps à être déployées. Pourtant, l’urgence d’agir est réelle.
La France a accompli des progrès remarquables, mais notre travail est loin d’être terminé. Défendre l’accès à la contraception, c’est défendre le droit de chaque personne à faire des choix concernant son propre corps et son avenir. C’est une responsabilité partagée, qui exige l’engagement des citoyennes et citoyens, des organisations et des décideurs publics.
Continuons à avancer, en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté. Ensemble, nous pouvons transformer les défis en opportunités et construire un avenir où les droits reproductifs seront véritablement universels.
Je vous remercie.”
Traduit de l’anglais. Seul le prononcé fait foi
