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L’adoption d’un budget pour la France est fondamentale. La loi spéciale du 26 décembre 2025 était une première étape pour assurer la continuité des services publics, mais bien entendu, cette dernière n’est pas suffisante ni satisfaisante pour faire face aux défis qui se dressent chaque jour. Nous avons besoin de l’adoption d’un budget pour 2026 et c’est ce que nous venons de faire.

Contrairement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui a pu être voté par les parlementaires, les centaines heures de débats sur le projet de loi de finances n’ont pas été suffisantes pour parvenir à un accord politique. Mais elles ont au moins permis de dégager une voie de passage pour un accord de non-censure.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement sur le fondement de l’article 49.3 de la Constitution pour la première partie du projet de loi de finances pour 2026 consacrée aux recettes. Le gouvernement a ainsi retenu près de 270 amendements travaillés par les parlementaires pour la copie finale qui a été adoptée, les deux motions de censure des groupes LFI et RN n’ayant pas recueilli suffisamment de voix pour faire tomber le gouvernement.

C’est le prix de la stabilité. Une stabilité des institutions nationales plus que nécessaire dans le contexte de crises que nous connaissons. L’adoption du budget permet aussi de se projeter sereinement dans l’organisation des élections municipales, des élections primordiales et attendues par nos concitoyennes et concitoyens. Il aurait été totalement irresponsable de créer du chaos la veille de ce rendez-vous démocratique important. Par ailleurs, ce budget vient aussi confirmer l’ensemble des engagements que nous avons pris pour le renforcement des fonctions régaliennes de l’État en maintenant la trajectoire des lois de programmation militaire, de la justice et du ministère de l’Intérieur.

Avec ce budget, le déficit public sera de 5% en 2026, contre 5,4% en 2025. Nous maintenons la ligne capitale de maîtrise des finances publiques. Surtout, ce budget protège le domaine régalien, en renforçant les objectifs des grandes lois de programmation votées ces dernières années (loi de programmation militaire, justice, intérieur, recherche).

Quelles sont les grandes orientations du budget adopté ?

Travail, emploi, entreprises :

À travers ce budget, nous faisons en sorte que le travail paie davantage. Le budget initial prévoyait de réduire la portée de la prime d’activité. À la fin, le Gouvernement a retenu d’augmenter de 50 euros en moyenne la prime d’activité pour plus de trois millions de ménages qui gagnent aux alentours du SMIC. Du reste, nous maintenons notre combat pour faire baisser le chômage dans notre pays en refusant les hausses de charges pour les apprentis et préservant les dispositifs d’insertion par l’emploi.

Comme l’an dernier, près de 300 entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 1,5 milliards d’euros s’acquitteront d’une surtaxe d’impôt sur les sociétés. À la différence de la précédente mesure, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) seront exclues de l’assiette de cette surtaxe.

Éducation nationale, jeunesse, université et recherche :

Côté éducation nationale, 2000 postes supplémentaires seront créés, notamment pour accueillir les enfants en situation de handicap.

Grace à ce budget, nous renouvelons notre engagement en faveur de notre jeunesse. Les bourses étudiantes seront maintenues. À la demande du groupe socialiste, le repas à un euro au restaurant universitaire sera une réalité pour l’ensemble des étudiants à compter du mois de mai.

Les moyens alloués aux universités seront renforcés pour respecter les engagements de la loi de programmation de la recherche. Nous avons préservé le crédit d’impôt recherche ainsi que le dispositif jeunes entreprises innovantes (JEI) maintenant élargi à l’économie sociale et solidaire pour créer des « jeunes entreprises innovantes à impact » (JEII).

Logement :

La France fait face à une grave crise du logement. Il faut des mesures d’urgence. Le Gouvernement a décidé d’augmenter les moyens de 700 bailleurs sociaux de 500 millions d’euros pour qu’ils construisent et rénovent davantage. Les débats en séance publique ont permis également de poser les bases d’un nouveau statut du bailleur privé pour relancer l’investissement locatif privé.

Transition écologique :

Nous sanctuarisons par ce budget les engagements pris pour renforcer la transition écologique. Le dispositif « MaPrimeRenov » est maintenue. Et le fond vert sera abondé de 200 millions d’euros supplémentaires. Je veillerai précisément à la ventilation accordée au fonds vélo pour continuer les projets d’aménagements cyclables et les aides aux usagers de ce moyen de transport écoresponsable.

Armées et sécurité intérieure :

Le contexte international de tensions diplomatiques et d’effondrement du multilatéralisme nous oblige à continuer le réarmement de notre pays, avec un effort de plus de 6 milliards d’euros supplémentaires. Le Premier ministre a également annoncé l’actualisation de la loi de programmation militaire pour le printemps prochain.

Face aux risques d’ingérences internationales et afin de parer le pays d’un arsenal fort pour combattre la criminalité organisée et le narcotrafic, les crédits des ministères de l’Intérieur et de la Justice augmenteront en 2026.

Outre-mer :

Pour soutenir les multiples défis auxquels doivent faire face les Outre-mer, comme la relance de l’économie en Nouvelle Calédonie en pleine crise politique ou la reconstruction de Mayotte notamment après les catastrophes du cyclone Chido, près d’un milliard d’euros de dépenses supplémentaires ont été actés entre la copie initial du budget et la copie finale.

Fiscalité et impôt

Il n’y aura pas d’augmentation d’impôt pour les ménages, de manière directe ou indirecte. Le gouvernement a décidé de retenir l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation et non le gel comme c’était prévu dans la copie initiale. L’indexation annuelle du barème sera de 0,9%.

La contribution différentielle sur les plus hauts revenus instaurée en 2025 sera prolongée, grâce à un amendement du député Jean-Paul MATTEI (Modem).

En actant la fin de l’année blanche, c’est l’ensemble des prestations sociales qui sera revalorisé en 2026 pour un montant de 200 millions d’euros.

Egalité femmes/hommes et solidarité internationale :

Je me félicite que le Gouvernement ait retenu dans son budget un amendement que j’avais déposé visant à augmenter de 3 millions les crédits alloués au budget sur l’égalité femmes/hommes pour développer des actions “d’aller vers” en direction des femmes les plus isolées géographiquement.

Ce budget est loin d’être parfait. Je me suis battu cette année encore pour préserver les crédits alloués à l’aide publique au développement. J’avais notamment déposé des amendements pour rétablir l’affectation d’une partie du produit de la taxe sur les transactions financières (TTF) et de la taxe sur les billets d’avions (TSBA) au financement de la solidarité internationale et en particulier de la santé mondiale. Ces amendements qui ont été largement adoptés en première lecture à l’Assemblée nationale, tout comme ils l’avaient été en 2025, n’ont pourtant pas été repris par le Gouvernement, alors même que ces affectations durables s’inscrivent dans l’engagement des présidents de la République successifs depuis Jacques Chirac pour lutter contre les pandémies et contre le réchauffement climatique. 

Le budget global présenté et défendu pour le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères apparaît, lui aussi, largement insuffisant au regard de l’ampleur des défis internationaux auxquels nous sommes confrontés. Entre 2023 et 2026, les réductions sont particulièrement sévères : la capacité d’engagement chute de 46 % et les paiements de 40 %. Cet ajustement budgétaire repose presque entièrement sur le programme 209, consacré à la solidarité envers les pays en développement, qui subit à lui seul une diminution de 73 %.

Le Gouvernement a ainsi décider de diminuer les dépenses des ministères (hors ministères régaliens et Outre-mer) et des agences de l’État. En responsabilité, les collectivités territoriales devront également participer à l’effort budgétaire. L’effort net demandé sera de près de 2 milliards d’euros, contre 4,4 milliards d’euros dans le projet de loi de finances initial.

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