
Je vous invite à découvrir ci-dessous mon discours à la cérémonie de voeux.
Discours des vœux 26 janvier 2026
Seul le prononcé fait foi
Mesdames et Messieurs, chères amies, chers amis,
Comme chaque année, c’est un réel plaisir de vous retrouver en cette fin janvier pour partager cette cérémonie de vœux, ce moment de retrouvailles, d’attention aux uns et aux autres, d’échanges, de partage. Et avec mon équipe, que je tiens à remercier pour tout le travail accompli à mes côtés, et Annick Voisin, adjointe au Maire de Vincennes et suppléante, qui m’accompagne dans ce mandat aujourd’hui, je dois vous dire que nous sommes aussi heureux d’accueillir ce soir à nos côtés Laurent Lafon, sénateur du Val-de-Marne et Élisabeth Borne, ancienne Première ministre et députée de la 6ecirconscription du Val-de-Marne. Je leur cèderai le micro dans quelques instants, car, dans la période que nous vivons, il est important que les paroles soient diverses et nous rappellent que la politique, c’est une question de valeurs, d’engagement, de responsabilités qui n’ont de sens et d’impact que s’ils sont vécus collectivement.
Le moment des vœux est un moment de projection et d’espérance. C’est un moment qui doit nous permettre de nous questionner sur l’état du monde dans lequel nous vivons. C’est un moment qui doit être utile pour discuter des actions que nous pouvons mener ensemble.
Alors je sais, vous allez me dire « Guillaume, la période n’est vraiment pas top ». Je sais. Nous le savons toutes et tous. Nous le voyons toutes et tous. Le contexte international et national est dur. Vous commencez à me connaitre un peu. Je suis un optimisme. Et objectivement, à certains moments, ces derniers temps, je me suis moi aussi laissé trop facilement gagner par le pessimisme ambiant. Jusqu’à ce que l’on me secoue un peu. C’était à la Cour des comptes. Je devais y intervenir lors d’un évènement sur les droits des femmes et la lutte contre les mouvements réactionnaires. Et mon arrivée, l’animatrice de la table ronde à laquelle je devais participer me dit : « Monsieur le député, le tableau dressé par la première table ronde était épouvantable. Il faut absolument que vous soyez positif. » En toute honnêteté, j’avais prévu un discours encore plus sombre, et largement étayé, pour mon intervention. Mais cette remarque m’a secoué. Nous ne sommes pas obligés de céder aux sirènes du pessimisme et de la résignation. Des périodes difficiles, notre pays en a déjà connu et il a toujours réussi à les surmonter. Il a toujours réussi à aller de l’avant. Toujours. Et c’est ce que nous allons continuer de faire. « Il faut accepter les déceptions passagères et conserver l’espoir pour l’éternité », disait Martin Luther King. C’est sous cette citation que j’ai voulu placer cette nouvelle année 2026. Une pensée qui nous rappelle que l’Amérique est bien entendu capable d’autre chose que ce que nous montre le président actuel Donald Trump. Ces mots sont une invitation à ne jamais renoncer et à toujours aller de l’avant. Faisons-les nôtres.
Les défis sont nombreux, mais nous allons les relever. Nous les connaissons. Nous y travaillons sans relâche. Et nous allons les surmonter. Qu’il s’agisse de la maîtrise de la dette, de la relance de notre économie et de l’emploi, de la réduction des inégalités et de la construction d’une société réellement inclusive. Qu’il s’agisse de la réussite de la transition écologique, du renforcement des compétences régaliennes de notre état, de notre école et de notre système de santé. Nous allons réussir. Nous allons réussir parce que ce qui se cache derrière notre pessimisme français légendaire, c’est une incroyable exigence pour le progrès et la solidarité. Je le dis souvent et je redis ici ce soir : nous allons y arriver parce que nous en avons envie. Nous ne sommes pas un pays de « fainéants » comme on peut l’entendre à longueur de journée sur certaines chaînes de télé, mais un pays d’engagés. Je le vois au quotidien. Notre pays est rempli de l’énergie de celles et ceux qui font vivre notre économie, nos artisans et nos entreprises. Notre pays est rempli de l’énergie de nos concitoyennes et nos concitoyens qui s’engagent dans les associations et dans nos collectivités. À quelques semaines des prochaines élections municipales, je tiens bien entendu à rendre hommage à nos élus locaux, et tout particulièrement à ceux de notre circonscription. Un immense merci à eux pour tout le temps qu’il nous consacre au quotidien. Cette énergie, nous la trouvons enfin chez les femmes et les hommes qui, au quotidien, servent notre pays et assurent le fonctionnement de nos services publics. Jamais vous ne me trouverez dans le camp de celles et ceux qui tapent sur nos agents de la fonction publique et leur promettent des réformes à coup de tronçonneuse.
Chers amis, notre pays est rempli de talents, de compétences, d’idées, de culture, de savoirs et de savoir-faire, d’énergies. Il n’appartient qu’à nous de réussir à les mobiliser pour aller de l’avant. Il n’appartient qu’à nous de faire équipe, de faire Nation.
Pour y arriver, je pense toutefois qu’il y a trois préalables à garder à l’esprit, à revendiquer et à porter haut et fort.
D’abord, il faut avoir confiance en nous, en ce que nous sommes et dans les valeurs collectives que nous portons. Il ne faut rien céder à celles et ceux qui, matin, midi et soir cherchent à nous vendre leur esprit de défaite et s’en prennent aux valeurs qui fondent notre République et notre modèle social. À celles et ceux qui pensent que l’État de droit, l’indépendance de la justice et des médias, les libertés publiques, les droits des femmes, la constitution et notre devise « Liberté, égalité, fraternité » sont une faiblesse, nous devons leur répondre qu’ils se trompent. Les valeurs sur lesquelles reposent notre démocratie et notre modèle social sont une force. À aucun moment, elles ne sont une faiblesse. Pour reprendre les mots du président de la République la semaine passée à Davos « nous préférons la science au complotisme, l’État de droit à la loi du plus fort, le dialogue aux menaces ». C’est ce qui fait la force de notre voix, de la voix de la France. S’asseoir dessus c’est disparaître de l’histoire.
Les fondations de notre système ont été pensées par des femmes et des hommes qui, à une époque pire que celle que nous connaissons, prirent toutes leurs responsabilités et tous les risques pour se dresser contre la barbarie nazie. Ne l’oublions jamais. Ces valeurs, il est de notre devoir aujourd’hui de les protéger, de les transmettre aux générations futures en n’oubliant jamais les héros à qui nous les devons. Ce combat, nous devons le mener en France, nous devons aussi le mener au niveau européen en approfondissant l’Union européenne et au niveau international en réformant certainement L’ONU, mais en n’oubliant jamais, là aussi, les fondamentaux qui ont guidé sa mise en place. Quatre libertés énoncées par un couple, Franklin Délano Roosevelt et Eleanor Roosevelt : liberté de confession, liberté d’expression, liberté de vivre à l’abri de la peur, liberté de vivre à l’abri du besoin. C’est sur ces fondements que les États-Unis d’Amérique rentrèrent alors en guerre contre l’Allemagne nazie et ce sont ces libertés qui servirent de fondements à la rédaction de la Charte des Nations unies. À ces quatre libertés, dans l’esprit français qui est le nôtre, nous en avons ajouté une cinquième le 8 mars 2024, la liberté de disposer de son corps, liberté constitutionnelle, fondamentale, depuis cette date dans notre pays, liberté sans laquelle il ne peut réellement y avoir d’égalité entre les femmes et les hommes. Liberté que nous devons continuer de promouvoir auprès de l’Europe et des Nations unies.
Ces valeurs, qui constituent ce qu’on appelle la démocratie libérale, sont notre force, et non notre faiblesse. Elles sont aussi une chance. Ces valeurs, nous devons avoir conscience d’où elles viennent, des combats historiques qu’elles nous rappellent à chaque instant, et notre devoir collectif, ce n’est pas de les démanteler, mais de les préserver. De les transmettre aux nouvelles générations, toujours ! Elles sont un guide précieux dans les défis qui se dressent devant nous et que nous avons à relever.
Chères amies, chers amis, les antidémocrates se dressent partout à travers la planète. Nous ne les laisserons pas faire et, sans relâche, nous les combattrons. Ils peuvent paraître impressionnants mais ils seront battus, car, « à la longue, comme le fleuve va à la mer, malgré les détours, et les méandres, la vérité, l’égalité, la générosité ont eu et auront toujours le dernier mot ». Ces quelques mots sont de Pierre Medès France, tâchons de les garder en mémoire.
Le deuxième préalable, c’est celui d’avoir conscience que le monde dans lequel nous vivons n’est qu’un petit village, pas bien grand, où tout ce qui se passe à des milliers de kilomètres de chez nous a toujours des conséquences chez nous. La crise du Covid nous l’a cruellement rappelé il y a six ans. Ne l’oublions pas. Cela nous demande de ne pas nous désintéresser des affaires du monde. Cela nous demande de ne jamais tomber dans l’indifférence à ce que des femmes et hommes, des enfants, peuvent vivre ailleurs dans le monde. La France est grande et utile seulement quand elle porte la voix des droits universels. Elle ne l’est pas quand elle se résigne à la tentation du repli identitaire, du repli sur soi. En cela, je continuerai, contre vents et marées, à défendre l’action de la France à l’international. C’est-à-dire nos politiques de solidarité internationale, d’accès à la santé et à l’éducation, d’accompagnement dans l’adaptation aux changements climatiques, de défense des droits des femmes et des filles, avec une pensée particulière pour les femmes afghanes et iraniennes. Le budget que nous sommes en train d’adopter il permet la stabilité institutionnelle, c’est majeur, il nous permet de garder nos objectifs de doublement du budget de la défense, de la justice du ministère de l’Intérieur que nous avions adoptée lorsque tu étais à Matignon Elisabeth. C’est majeur dans le monde brutal auquel nous sommes maintenant confrontés. Mais ce budget, pour la seconde année consécutive, il sacrifie durement les budgets du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. C’est là une erreur qu’il faut arrêter de reproduire le plus rapidement possible.
Le troisième et dernier préalable que je souhaite mettre en avant n’a pas besoin d’être longuement expliqué et défendu tellement il devrait être la clé de voute de toutes nos réflexions et actions. Du bon sens que l’on est pourtant en train de perdre collectivement. C’est celui de la responsabilité de toujours agir en pensant aux générations futures. Un peuple qui oublie son passé est condamné à la revivre. Un peuple qui oublie sa jeunesse ou la met de côté est condamné à s’affaiblir, voire à disparaitre. Il est indispensable qu’en 2026, nous arrivions collectivement à retrouver le chemin de la confiance en l’avenir. Pour ce faire, il faut remettre au cœur de nos débats politiques la jeunesse, qui ne doit pas devenir la grande oubliée des accords politiques ou des programmes politiques qui sont présentés et débattus.
Durant les prochaines semaines, nous allons vivre un temps démocratique important, celui des élections municipales. J’espère que ces valeurs et cet esprit animeront celles et ceux qui se présenteront à ces élections. Et dès le 23 mars à 00h01, nous rentrerons dans le temps de la campagne des présidentielles. Ces valeurs devront être au cœur de nos débats, des débats qui demanderont l’engagement de chacune et chacun. Nous avons la chance de vivre dans une démocratie extraordinaire. Ne passons pas à côté et n’oublions pas qu’il n’appartient qu’à chacune et chacun d’entre nous de la faire vivre, même si cela entraîne par moment des débats animés entre amis. À la fin, c’est notre vivre ensemble qui en sort toujours renforcé. À titre personnel, j’y consacrerai toute mon énergie pour que cela soit le cas.
Voici les pensées que je désirais partager avec vous en ce début d’année, avant de vous adresser à toutes et à tous mes vœux de bonheur pour l’année 2026. Que cette année soit pour vous une année de santé et de réussite, remplie d’engagements et de projets. Une année que je nous souhaite collectivement utile pour retrouver le chemin de l’espoir et de la confiance en l’avenir.
Je vous remercie.