

13 % des femmes victimes de viols, tentatives de viol ou agressions sexuelles ont été victimes dans les transports en commun. 70% des utilisatrices de transports en commun ont déjà été victimes de violences sexistes et sexuelles dans les transports franciliens au cours de leur vie. Ce chiffre monte à 80% pour les femmes de 15 à 18 ans et 90% pour les femmes de 19 à 25 ans.
Ces chiffres traduisent une réalité inacceptable : l’écrasante majorité des femmes sont victimes de violences sexistes et sexuelles dans les transports, en particulier les adolescentes et les jeunes femmes.
Nous ne pouvons pas rester silencieux face à ce fléau. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité en savoir davantage sur le plan de lutte contre le harcèlement dans les transports de la RATP. Lancé à la fin de l’année 2024, il vise à prévenir, alerter et intervenir sur les violences ainsi que protéger, écouter et soutenir les victimes.
Le plan se fonde d’abord sur des objectifs de prévention du harcèlement sexiste et sexuel. La RATP dispense des formations dans les collèges et lycées, pour apprendre aux plus jeunes à réagir face aux violences et les sensibiliser à demander de l’aide si eux-mêmes en subissent. Elle forme aussi ses agents pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail et dire aux agentes qui en sont victimes que ce qu’elles vivent n’est pas acceptable.
Le plan repose également sur des dispositifs d’alerte : le 3117, numéro d’alerte pour signaler toute agression ou acte de harcèlement sur le réseau francilien ainsi que les bornes d’appel en gare qui permettent d’alerter les agents. Ces derniers sont formés à réagir face aux auteurs de violences sexistes et sexuelles, à accompagner les victimes et à relayer l’alerte aux agents de sureté. Ensuite, pour protéger les victimes les agents de sureté sont prêts à intervenir à tout moment. Les images issues de la vidéosurveillance mise en place dans les gares peuvent également être exploitées en cas de dépôt de plainte.
Parce que nous pouvons toutes et tous intervenir pour aider les victimes, la RATP informe aussi ses voyageurs sur la méthode des 5D :
La RATP a souhaité aller plus loin dans l’écoute, l’accueil et le soutien des victimes. L’application UMAY, construite en partenariat avec la RATP, propose des lieux sûrs qui permettent aux victimes d’être accueillies et mises en sécurité dans certains commerces sur le réseau d’Île-de-France Mobilités. Ces lieux sont indiqués sur une carte via l’application, uniquement lorsque les salariés de ces commerces formés à accueillir les victimes sont présents.
Elle a également créé un formulaire en ligne, distinct d’un dépôt de plainte, pour les victimes qui souhaitent témoigner des violences sexistes et sexuelles qu’elles ont subi dans les transports. Ces témoignages servent ensuite à mieux recenser les violences et à orienter les dispositifs de sécurité.
Enfin, si la personne décide de porter plainte, un moment toujours éprouvant, la RATP leur propose d’être raccompagnées chez elles en taxi.
Alors que le réseau de transports en commun en Ile-de-France s’ouvre peu à peu à la concurrence, je reste vigilant sur les plans de lutte contre le harcèlement qui seront mis en place par les autres exploitants.