
Ce concept repose sur une idée clé : la santé humaine, animale et environnementale sont interdépendantes. Portée par la France, cette approche vise à mieux prévenir les pandémies et les crises sanitaires en agissant en amont sur leurs causes, comme la dégradation des écosystèmes.
“Les équilibres naturels de notre planète sont dangereusement fragilisés et nous en sommes tous témoins. Les crises sanitaires se multiplient, les dérèglements climatiques menacent nos populations, la faune et la flore, les contaminations chimiques et les pollutions s’abattent sur tous nos territoires.
Le consensus scientifique est établi et les données sont incontestables. Nous le savons désormais : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont intimement liées et profondément interdépendantes. 75 % des maladies émergentes sont d’origine animale, et une nouvelle maladie infectieuse émerge tous les 4 mois. Plus de 4 milliards de personnes sont aujourd’hui exposées à des maladies à vecteur, près de 1 million et demi de décès dans le monde sont directement liés à la résistance aux antimicrobiens, plus de 800 millions de personnes souffrent chaque année de la faim, 8 millions de personnes décèdent chaque année à cause de la pollution atmosphérique. Le déséquilibre profond entre nos modes de développement et le vivant est à l’origine de cette multiplication exponentielle des maladies. Chaque grande épidémie de l’ère moderne trouve son origine dans une rupture de l’interface entre le monde animal, les écosystèmes et les sociétés humaines. Déforestation, artificialisation des sols, intensification agricole, commerce d’espèces sauvages : en fragmentant les écosystèmes, nous multiplions les points de contact à risque.
Face à cette réalité, le coût de l’inaction est désormais chiffré — et il dépasse de loin celui de la prévention. Chaque dollar investi dans la prévention aux pandémies permet d’économiser jusqu’à cent dollars dans la réponse aux crises. Les maladies chroniques liées aux expositions environnementales représentent déjà des milliers de milliards de dollars de pertes économiques et de coûts de santé publique chaque année dans le monde. L’antibiorésistance seule pourrait amputer le PIB mondial de 3,5 % d’ici 2050. Ce que nous refusons de dépenser aujourd’hui en prévention, en surveillance épidémiologique, en protection des écosystèmes et en réduction des expositions toxiques, nous le paierons demain, en dollars, en fractures sociales, et en vies humaines.
Pourtant, nous peinons à traduire ces évidences scientifiques en actions concrètes, en mesures contraignantes et en actes législatifs à la hauteur de l’urgence. Trop longtemps considérés comme des préoccupations de second plan, concurrencées par les intérêts économiques immédiats et les impératifs de croissance, ces enjeux de santé et d’environnement sont aujourd’hui affectés davantage par la remise en cause des alliances traditionnelles et de la coopération internationale. Là où la science appelle à l’unité, la géopolitique tend à l’éclatement.
C’est pourquoi nous, parlementaires des cinq continents, devons nous engager en faveur d’un « réflexe One Health », une boussole commune pour l’élaboration de nos politiques publiques. Nous avons un rôle que nul autre acteur ne peut tenir à notre place : légiférer, contrôler l’action des gouvernements, orienter les financements publics, porter la voix de nos concitoyens dans les enceintes où se décide leur avenir. Ce réflexe est à la fois un enjeu de justice sociale, d’équilibre budgétaire, et de souveraineté sanitaire et économique.
A la veille du One Health Summit, porté par le Président de la République française, réunissant plus de 300 scientifiques, mais aussi des organisations internationales, le secteur privé, la société civile et la jeunesse engagée, les législateurs du monde entier se réunissent au sein d’une Coalition Parlementaire Internationale pour Une Seule Santé – International Parliamentary Coalition for One Health.
Faisons de la protection de la santé et de l’environnement une priorité législative partagée, en nous appuyant sur nos expériences réciproques et sur les outils juridiques dont nous disposons.
A l’instar de l’effet papillon, un virus apparu à des milliers de kilomètres bouleverse nos sociétés en quelques semaines. Des phénomènes climatiques extrêmes touchent toutes nos capitales. Les crises sanitaires et climatiques ignorent nos frontières et traversent les latitudes sans distinctions de ressources.
Nous partageons la même vulnérabilité.
Nous avons donc la même responsabilité.
Agissons ensemble.”
La liste des parlementaires signataires à ce jour
Anne-Cécile Violland, France
Fadi Alame, Liban
Marianne Bakiele Meso, RDC
Cathy Botema Mboyo, RDC
Jean-Paul Boketsu Bofili, RDC
Sylvain Berrios, France
Philippe Bolo, France
Jean-Michel Brard, France
Marta de Cidrac, France
Christophe Clergeau, France
Michel Criaud, France
Stephane Delautrette, France
Sandrine Le Feur, France
Jean-Luc Fugit, France
Guillaume Gouffier Valente, France
Loïc Hervé, France
Shin Hyun‑Young, Corée du Sud
Cyrille Isaac-Sibille, France
Sarah Kaine, Australia
François Kalfon, France
Ephraim Kayembe, Malawi
Anna Kumbodimo Kababile, RDC
Serhii Kuzminykh , Ukraine
Tabot Lawson, Cameroun
Nico Marquardt, Allemagne
Tilly Metz, Luxembourg
Marina Mijatović, Serbie
Daniel Molokele‑Tsiye Fortune, Zimbabwe
Yannick Neuder, France
Biata Beatrice Nyamupinga, Zimbabwe
Jimmy Pahun, France
Agnès Pannier-Runacher, France
Sophie Panonacle, France
Béatrice Piron, France
Ramesh Paudyal, Népal
Isabelle Rauch, France
Marie-Agnès Poussier-Winsback, France
Mohamed-Iqbal Ravalia, Canada
Véronique Riotton, France
Syra Nedoye Sall, Sénégal
Nicolas Thierry, France
Frederic Valletoux, France
Laddy Yangotikala Senga, RDC