

Madagascar offre un contexte particulièrement révélateur des défis globaux en matière de santé publique. Le pays est confronté à des indicateurs préoccupants, notamment une mortalité maternelle élevée, des grossesses précoces fréquentes et des inégalités marquées d’accès aux services de santé entre zones urbaines et rurales. À cela s’ajoute une forte dépendance aux financements internationaux, dans un environnement où les ressources publiques restent limitées. Cette situation rend l’accès aux soins encore difficile pour une grande partie de la population.
Pendant cinq jours, nous avons pu alterner entre rencontres institutionnelles, échanges avec des organisations internationales, visites de terrain et discussions avec des acteurs communautaires et des jeunes. Cette immersion a permis de croiser les perspectives politiques avec la réalité concrète du terrain, offrant une vision globale des enjeux.

Les échanges avec les ministères malgaches ont mis en lumière une mobilisation réelle sur les questions de santé, d’éducation et de jeunesse. Toutefois, plusieurs limites persistent, notamment un manque de coordination entre les institutions, des ressources insuffisantes et des difficultés d’accès aux services, particulièrement en milieu rural. Dans ce contexte, le rôle du Parlement apparaît central pour traduire les priorités politiques en actions concrètes, à travers l’élaboration des lois et le vote des budgets.
Les organisations internationales, comme le FNUAP, jouent un rôle majeur dans le soutien au système de santé. Elles interviennent notamment dans le financement des programmes, l’approvisionnement en produits de santé reproductive et l’accompagnement des stratégies nationales. Cependant, cette dépendance aux financements extérieurs soulève une question essentielle : comment garantir la continuité des services dans un contexte de diminution de l’aide internationale ?

Les visites de terrain, notamment dans la région d’Ampefy, ont permis d’observer directement les réalités locales. Elles ont mis en évidence les difficultés d’accès aux soins liées à l’éloignement, au manque d’infrastructures et aux contraintes logistiques. Malgré ces obstacles, certaines initiatives innovantes se développent, comme les cliniques mobiles, qui permettent d’atteindre les populations les plus isolées. L’éducation apparaît également comme un levier fondamental, en particulier à travers l’intégration des enjeux liés à la santé sexuelle dans les établissements scolaires.
La jeunesse occupe une place centrale dans ces enjeux. Avec une population très jeune, Madagascar doit répondre à des besoins spécifiques en matière d’accès à l’information, de services adaptés et de lutte contre les normes sociales contraignantes. Les centres de jeunes et les approches communautaires jouent un rôle clé en offrant des espaces d’échange, de sensibilisation et d’accompagnement.
L’un des constats les plus marquants du voyage concerne la question du financement. Les dépenses de santé restent largement insuffisantes, tandis qu’une part importante du financement repose encore sur l’aide internationale. Cette situation fragilise la pérennité du système de santé et limite sa capacité à répondre aux besoins croissants de la population. Dans le même temps, les ménages supportent encore une part importante des coûts, ce qui accentue les inégalités d’accès aux soins.

Face à ces défis, plusieurs pistes ont été identifiées pour construire un financement plus durable. L’augmentation progressive du budget national de la santé apparaît comme un levier essentiel, tout comme la mobilisation du secteur privé et le développement de mécanismes de financement innovants. Le renforcement de la gouvernance et de la transparence est également indispensable pour assurer une utilisation efficace des ressources. Dans ce contexte, le rôle des parlementaires nous paraît déterminant pour porter ces transformations et garantir leur mise en œuvre.
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