La nouvelle feuille de route 2026-2030 de la Stratégie nationale de santé sexuelle, présentée par le ministère de la Santé après des concertations, marque une nouvelle étape importante pour les droits des femmes et l’accès à l’interruption volontaire de grossesse.
Je veux saluer les orientations ambitieuses qu’elle propose, et tout particulièrement plusieurs évolutions majeures qui pourraient demain renforcer concrètement l’accès à l’IVG en France :
- L’allongement du délai légal de recours à l’IVG, pour mieux répondre aux réalités vécues par les femmes et rapprocher notre législation de celle de plusieurs de nos voisins européens.
- La suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG, qui s’ajoute aujourd’hui à la clause de conscience générale dont bénéficient les professionnels de santé.
- L’élargissement de la pratique de l’IVG instrumentale aux centres de santé sexuelle et aux maisons de santé pluriprofessionnelles, afin de renforcer l’offre de soins et de lutter contre les inégalités territoriales.
- La possibilité pour les sages-femmes de pratiquer des IVG instrumentales en centres de santé, pour diversifier les professionnels susceptibles de réaliser cet acte et faciliter les parcours des femmes.
Ces propositions constituent des perspectives essentielles pour l’effectivité du droit à l’avortement.
En mars 2024, nous avons franchi une étape historique en inscrivant dans notre Constitution la liberté garantie aux femmes de recourir à l’IVG. Mais, et nous l’avons toujours dit, constitutionnaliser un droit ne suffit pas. Encore faut-il garantir à chaque femme la possibilité de l’exercer librement, effectivement et partout sur notre territoire.
Alors que les droits sexuels et reproductifs sont attaqués dans de nombreux pays et que les mouvements anti-choix se mobilisent, la France doit continuer à avancer.
Cette stratégie fixe un cap. Il nous appartient désormais de le traduire en actes. Il nous appartient maintenant d’inscrire ces propositions dans la loi.
Car défendre le droit à l’IVG, ce n’est pas seulement protéger les conquêtes d’hier. C’est aussi préparer celles de demain.
Nous avons constitutionnalisé la liberté de recourir à l’IVG. À nous désormais d’en garantir toujours davantage l’effectivité !
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