
“Why is it so important for us to stand up against anti-rights movements today?
Because we are at a turning point.
After decades of social, democratic and feminist progress, we are witnessing a coordinated attack on human rights, equality and social justice.
And the first targets of these attacks are women and minorities.
The COVID-19 crisis accelerated the convergence of anti-rights, anti-gender, masculinist and reactionary movements.
Movements that have learned how to organise, coordinate and make their voices heard everywhere, including within our democratic institutions.
But above all, they have changed their strategy.
They no longer claim to defend the old order. They claim to defend freedom. They claim to defend equality. They claim to protect all victims.
And that is precisely where the danger lies.
Because behind these arguments, we see the same agenda: undermining feminist achievements, making systems of domination invisible, and restoring patriarchal values.
In the name of equality, they attack equality. In the name of freedom, they undermine fundamental rights.
Let me give you two examples.
The first comes from recent debates in the French National Assembly on legislation to combat sexual and gender-based violence against women and children.
The far-right National Rally party proposed removing the word “women” from the text, arguing that all victims, including men, should be protected.
But no one is questioning the need to protect all victims!
Why should protecting men mean erasing women?
Why should we deny the systemic nature of the violence women experience?
My second example is just as revealing.
The 3919 helpline. A vital service in France that listens to, supports and guides women experiencing violence.
In recent months, this helpline has been targeted by masculinist groups through malicious calls, attempts to overwhelm the service, and harassment of its staff.
At the same time, political attacks have sought to challenge its specific mission of supporting women, once again in the name of equality between women and men.
But what kind of equality means weakening a service designed to protect women experiencing violence?
When a helpline is deliberately overwhelmed, women in danger may be left without someone to answer their call.
This is exactly what we must expose.
The constant misuse of the language, values and principles at the heart of our struggles.
Because these movements are not trying to build the future. They are trying to take us back to the past.
So, in the face of these attacks, we have a tremendous responsibility.
We must expose these strategies, challenge these narratives, strengthen our alliances and build collective action.
But above all, we cannot simply defend the rights we have already won.
Our struggle must remain a struggle for progress and for new rights!
For real equality. For women’s rights. For social justice. For the freedom and empowerment of everyone.
Because women’s rights are not negotiable.
Because equality is not optional.
And because we refuse to accept a future in which the next generations have fewer rights than those who came before them.
To those who want to turn the past into our future, our answer must be clear:
We will continue to fight for a future built on equality, freedom and emancipation for all.”
Parce que nous sommes à un tournant.
Après des décennies de progrès sociaux, démocratiques et féministes, nous assistons à une offensive coordonnée contre les droits humains, l’égalité et la justice sociale.
Et les premières cibles de ces attaques sont les femmes et les minorités.
La crise du Covid-19 a accéléré le rapprochement entre les mouvements anti-droits, anti-genre, masculinistes et réactionnaires.
Ces mouvements ont appris à s’organiser, à se coordonner et à faire entendre leur voix partout, y compris au sein de nos institutions démocratiques.
Mais surtout, ils ont changé de stratégie.
Ils ne prétendent plus défendre l’ordre ancien. Ils prétendent défendre la liberté. Ils prétendent défendre l’égalité. Ils prétendent protéger toutes les victimes.
Et c’est précisément là que réside le danger.
Car derrière ces arguments, nous retrouvons le même agenda : remettre en cause les acquis féministes, invisibiliser les systèmes de domination et rétablir les valeurs patriarcales.
Au nom de l’égalité, ils attaquent l’égalité. Au nom de la liberté, ils fragilisent les droits fondamentaux.
Permettez-moi de vous donner deux exemples.
Le premier est tiré des récents débats à l’Assemblée nationale française sur un texte visant à lutter contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants.
Le Rassemblement national, parti d’extrême droite, a proposé de supprimer le mot « femmes » du texte, au motif que toutes les victimes, y compris les hommes, devraient être protégées.
Mais personne ne remet en cause la nécessité de protéger toutes les victimes !
Pourquoi la protection des hommes devrait-elle conduire à effacer les femmes ?
Pourquoi devrions-nous nier le caractère systémique des violences subies par les femmes ?
Mon deuxième exemple est tout aussi révélateur.
Le 3919. Un service essentiel en France, qui écoute, accompagne et oriente les femmes victimes de violences.
Ces derniers mois, ce numéro d’écoute a été pris pour cible par des groupes masculinistes, à travers des appels malveillants, des tentatives de saturation du service et du harcèlement à l’encontre de ses équipes.
Dans le même temps, des attaques politiques ont cherché à remettre en cause sa mission spécifique d’accompagnement des femmes, une fois encore au nom de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Mais de quelle égalité parle-t-on lorsqu’elle consiste à affaiblir un dispositif conçu pour protéger les femmes victimes de violences ?
Lorsqu’un numéro d’écoute est délibérément saturé, des femmes en danger risquent de se retrouver sans personne pour répondre à leur appel.
C’est précisément ce que nous devons dénoncer.
Cette instrumentalisation permanente du langage, des valeurs et des principes qui sont au cœur de nos combats.
Car ces mouvements ne cherchent pas à construire l’avenir. Ils cherchent à nous ramener dans le passé.
Face à ces attaques, nous avons donc une immense responsabilité.
Nous devons mettre au jour ces stratégies, déconstruire ces discours, renforcer nos alliances et construire une action collective.
Mais surtout, nous ne pouvons pas nous contenter de défendre les droits que nous avons déjà conquis.
Notre combat doit rester un combat pour le progrès et pour de nouveaux droits !
Pour une égalité réelle. Pour les droits des femmes. Pour la justice sociale. Pour la liberté et l’émancipation de toutes et tous.
Parce que les droits des femmes ne sont pas négociables.
Parce que l’égalité n’est pas une option.
Et parce que nous refusons d’accepter un avenir dans lequel les générations futures auraient moins de droits que celles qui les ont précédées.
À celles et ceux qui veulent faire du passé notre avenir, notre réponse doit être claire :
Nous continuerons à nous battre pour un avenir fondé sur l’égalité, la liberté et l’émancipation de toutes et tous.”
Seul le prononcé fait foi.