
Je vous invite à retrouver cette tribune dans l’Humanité.
Agissons enfin contre les violences faites aux femmes et aux enfants : inscrivons la loi intégrale à l’ordre du jour du parlement !
En ce jour de mobilisation à l’appel de la coalition associative et syndicale, nous, parlementaires, demandons solennellement au Gouvernement de prendre ses responsabilités.
La proposition de loi intégrale déposée le 25 novembre dernier, journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, est aujourd’hui toujours à l’arrêt. Plusieurs échanges ont eu lieu entre la coalition parlementaire et certains membres du Gouvernement. Pourtant, rien n’a bougé. Le Premier ministre n’a même jamais répondu aux demandes de rendez-vous des parlementaires.
Pendant ce temps, les violences continuent, les victimes s’accumulent, les drames se répètent : l’affaire Pélicot, l’affaire Le Scouarnec, les révélations dans le périscolaire, l’affaire Patrick Bruel, les drames des mères protectrices. Et déjà 40 féminicides depuis le début de l’année 2026. Derrière ces noms, il y a des vies détruites. Trop de vies déjà perdues, chaque jour qui passe.
Les chiffres sont connus, et devraient imposer l’action : 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, au moins 7,4 millions de victimes d’inceste, 73 % des plaintes classées sans suite, et à peine 1 % des viols aboutissant à une condamnation. Ce n’est pas une faille marginale. C’est une défaillance systémique.
Et pourtant, la réponse publique reste fragmentée, lente, insuffisante. Le Gouvernement invoque le manque de temps législatif. Mais il ne s’agit pas de calendrier. Il s’agit de choix politiques. De priorités.
La vérité est simple : l’inaction de l’État coûte littéralement des vies.
Pourtant, 81 % des Françaises et des Français soutiennent une loi intégrale. Plus de 110 000 citoyennes et citoyens ont déjà signé la pétition. La société civile, les associations, les professionnels alertent depuis des années. Et les victimes attendent.
Notre proposition de loi vise à rompre avec l’approche actuelle. Elle porte une véritable révolution de genre : une refonte globale de notre système de protection des femmes et des enfants, de la justice à la santé, de la protection de l’enfance à la cybercriminalité, de l’éducation au travail, jusqu’à la prise en charge des victimes.
Le temps des réponses morcelées est terminé. Le temps du pointillisme législatif est révolu.
L’État reconnaît lui-même ses défaillances. Alors qu’attend-il pour agir ? Que faut-il de plus ?
Ce texte est soutenu par la présidente de l’Assemblée nationale, Madame Yaël Braun-Pivet, et le président du Sénat, Monsieur Gérard Larcher. Il doit maintenant être inscrit à l’ordre du jour.
Depuis #MeToo, de nombreux pays ont engagé des transformations profondes. La France ne peut plus rester à l’écart. Elle doit prendre sa part. Elle doit faire sa révolution de genre.
Ne rien faire aujourd’hui, c’est accepter que les violences continuent. C’est accepter que des femmes et des enfants continuent d’être victimes sans réponse à la hauteur.