
France-Corée : 140 d’Histoire et d’amitié partagées : Comment aller plus loin ensemble ?
08h30 : Ouverture des portes
09h00 : Accueil par M. Patrick BEAUDOUIN, président de l’Anaff.Onu-Corée
09h15 : Présentation du Forum France-Corée Paris avec les étudiants chercheurs animateurs du colloque, M. Sangjun YOON, M. Han-ul CHANG et Mme Faustine CHAPERON
09h20 : Ouverture par M. Guillaume GOUFFIER-VALENTE, député du Val-de-Marne
09h35 : Présentation du livre des 140 ans réalisé par la FKCCI
09h45 : 1ère Table ronde : « Plus de 140 ans d’une relation complexe et généreuse ».
11h00 : 2ème Table ronde : « De 1953 à nos jours, une dynamique d’échanges construite par étapes successives »
12h00 – Conclusion de la matinée
14h30 : Ouverture de l’après-midi : M. Louis GALLOIS, co-président de la Fabrique de l’Industrie, ancien président de la SNCF
14h45 : 3ème Table ronde : « Les multiples enjeux géostratégiques de la péninsule coréenne : la France et la Corée peuvent-elles agir en commun ? »
16h10 : 4ème Table ronde : « Vers un partenariat stratégique et une inclusion réciproque dans les chaines de valeurs »
17h30 : Conclusion
17h55 : Remerciements par Patrick BEAUDOUIN, président de l’Anaff.Onu-Corée
Seul le prononcé fait foi.
Monsieur l’Ambassadeur de la République de Corée en France,
Monsieur le président de l’Association nationale des anciens et amis des forces françaises de l’ONU – Bataillon de Corée, maire honoraire de Saint-Mandé, cher Patrick Beaudouin,
Madame la députée, présidente du groupe d’amitié France-Corée, chère Sabrina Sebaihi,
Monsieur le sénateur, cher Christian Cambon,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs des chambres de commerces et de l’Institut KEY, chers partenaires de l’organisation de cette journée,
Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités,
Chers amis,
C’est un grand plaisir et un véritable honneur de vous accueillir aujourd’hui à l’Assemblée nationale, à l’occasion de ce colloque consacré aux relations entre la France et la République de Corée, alors que nous célébrons cette année le 140e anniversaire de l’établissement de nos relations diplomatiques.
Cent quarante ans d’histoire commune. Cent quarante ans d’échanges, de coopération et d’amitié. Mais aussi, et peut-être surtout, une histoire de femmes et d’hommes qui ont su, parfois au prix de leur vie, donner à cette relation une profondeur et une force particulières.
Car l’amitié entre la France et la Corée n’est pas seulement une histoire diplomatique. Elle est une histoire humaine, une histoire de solidarité et de fidélité. Elle est ancrée dans la mémoire de la guerre de Corée, dans le partage de valeurs fondamentales, mais aussi dans les liens vivants qui unissent aujourd’hui nos sociétés, nos entreprises, nos chercheurs, nos artistes et, de plus en plus, nos jeunesses.
Cette amitié, nous avons eu de nombreuses occasions de la célébrer et de la renforcer tout au long de cette année 2026.
La visite d’État du Président de la République en avril, puis celle du Président Lee Jae-myung en septembre, ont notamment permis de rendre hommage à nos anciens combattants, à ces Français qui ont combattu et sont tombés aux côtés de leurs frères d’armes coréens, ainsi qu’à l’ensemble des contingents engagés sous le drapeau des Nations unies pour défendre la liberté et la paix.
Cette mémoire constitue l’un des fondements les plus précieux de notre relation bilatérale. Et elle doit continuer à nous guider.
Je sais, cher Patrick Beaudouin, combien vous êtes attaché à cette exigence de mémoire et combien vous avez veillé à ce qu’elle occupe toute sa place dans le programme de notre journée.
Je veux ici vous remercier très personnellement.
Dès le lendemain de mon élection à l’Assemblée nationale, il y a près de dix ans, vous avez tenu à me sensibiliser à cette histoire, à l’engagement du bataillon français de l’ONU et à la singularité de la relation qui unit nos deux pays.
Vous m’avez transmis bien davantage qu’une connaissance historique : la conviction que cette mémoire nous oblige, et qu’il nous appartient, quelles que soient nos sensibilités politiques, de la faire vivre et de la transmettre. Sur notre circonscription, dont vous avez été le député avant moi, et qui est marquée par l’empreinte historique de notre prédécesseur commun Robert-André Vivien, cette histoire oblige et doit continuer à traverser les générations.
Merci, cher Patrick, pour cette fidélité, pour votre engagement de chaque instant et pour toute l’énergie que vous avez consacrée à l’organisation de ce colloque.
Je souhaite rappeler ici quelques chiffres qui disent, mieux que de longs discours, la réalité de cet engagement.
Au total, 3 421 Français se sont succédé dans les rangs du bataillon français de l’ONU pendant la guerre de Corée.
269 volontaires français et 18 soldats coréens intégrés au bataillon sont tombés au combat. 1 350 hommes ont été blessés, 12 ont été faits prisonniers et 7 ont été portés disparus.
Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles, des destins brisés, mais aussi un courage et un sens du devoir qui forcent, aujourd’hui encore, notre respect et notre reconnaissance.
Cette histoire résonne tout particulièrement pour moi, en tant que député d’une circonscription profondément marquée par cet héritage. Notre territoire porte encore la mémoire de cet engagement. Des familles y vivent dont l’histoire personnelle demeure intimement liée à la guerre de Corée et au bataillon français de l’ONU.
Faire vivre cette mémoire, ce n’est pas seulement regarder vers le passé. C’est aussi transmettre aux générations futures le sens de l’engagement, de la solidarité entre les peuples et du combat pour la liberté.
Et c’est précisément ce qui donne toute sa force à notre relation aujourd’hui.
Car le devoir de mémoire qui nous rassemble va de pair avec un attachement profond à des valeurs démocratiques communes.
La France et la République de Corée partagent la conviction que la démocratie, l’État de droit, les droits humains, le respect de la souveraineté des États et la liberté des peuples ne sont jamais définitivement acquis.
Dans un monde traversé par les tensions géopolitiques, les conflits et la remise en cause croissante du multilatéralisme, ces principes doivent plus que jamais être défendus.
Nos deux pays savent ce que signifie l’engagement pour la paix et pour la liberté. Ils savent aussi que la stabilité internationale ne peut être durable sans le respect du droit et des principes consacrés par la Charte des Nations unies.
C’est sur ce socle de confiance que repose notre partenariat stratégique.
Les présidents Emmanuel Macron et Lee Jae-myung ont ainsi réaffirmé leur volonté d’approfondir notre coopération en matière de défense, notamment à travers le dialogue stratégique, le partage d’informations et le renforcement de l’interopérabilité de nos forces armées.
Cette coopération contribue à la sécurité et à la stabilité de nos régions respectives, mais aussi, plus largement, à celles de la communauté internationale.
Notre amitié se nourrit de notre histoire, mais sa véritable force réside aussi dans notre capacité à construire ensemble l’avenir.
Cet avenir, nous devons d’abord le penser à l’échelle de notre planète.
Face à l’urgence climatique, la France et la Corée partagent une même ambition : accélérer la transition vers des économies décarbonées et atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Nos investissements dans l’énergie nucléaire, les énergies renouvelables et l’hydrogène propre témoignent de cette volonté commune de concilier innovation, souveraineté énergétique et responsabilité environnementale.
Notre coopération s’étend également à la protection de la biodiversité marine et des océans.
Après la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan, organisée à Nice en juin 2025, la République de Corée accueillera la quatrième édition en 2028.
Ce passage de relais est un symbole fort de notre engagement commun pour la préservation de ce bien commun essentiel à l’humanité.
Notre partenariat est également économique, industriel et scientifique.
Avec des échanges bilatéraux qui ont dépassé les 13 milliards d’euros en 2025, et qui ont plus que doublé depuis 2011, nos deux pays ont su bâtir une relation économique particulièrement dynamique.
Des transports aux industries de pointe, de la recherche à l’innovation, mais aussi du tourisme à la gastronomie et aux industries culturelles, les domaines de coopération ne cessent de se diversifier.
Et je veux ici souligner combien cette dynamique repose aussi sur la curiosité et l’enthousiasme de nos concitoyens, notamment des plus jeunes.
L’intérêt croissant des Français pour la culture coréenne, comme celui des Coréens pour notre langue, notre patrimoine et notre création, est une formidable promesse pour l’avenir.
Car une relation entre deux pays est d’autant plus solide qu’elle est portée et vécue par leurs peuples.
Je souhaite également insister sur un domaine qui m’est particulièrement cher et pour lequel je me suis beaucoup engagé au cours de mes mandats : celui de la santé mondiale.
J’ai la conviction profonde que nous appartenons tous à une même humanité, que nous partageons une seule planète et que, face aux grands défis sanitaires, les frontières ne sauraient constituer des réponses suffisantes.
La pandémie nous l’a rappelé avec force : aucun pays ne peut prétendre protéger durablement sa population sans contribuer à la protection de toutes les populations.
C’est pourquoi je me réjouis de l’engagement commun de la France et de la République de Corée en faveur de la santé mondiale.
Notre coopération dans le cadre de l’approche « Une seule santé », qui reconnaît les liens étroits entre santé humaine, santé animale et environnement, est à cet égard particulièrement importante.
Elle se traduit également dans la recherche, la préparation et la réponse aux pandémies, notamment grâce à des institutions comme l’Institut Pasteur de Corée.
Elle se déploie enfin dans des domaines essentiels tels que la prévention, les droits et la santé sexuels et reproductifs, ainsi que la santé des femmes.
Cette dernière dimension me conduit à évoquer un autre engagement qui nous rassemble : l’égalité entre les femmes et les hommes.
Il s’agit d’un enjeu démocratique fondamental, mais aussi d’une condition indispensable au progrès de nos sociétés.
La République de Corée est un partenaire important des travaux consacrés à l’égalité de genre et à l’autonomisation des femmes dans le cadre du G7, alors que la France en assure cette année la présidence.
Nos deux pays coopèrent également pour accompagner les survivantes de violences sexuelles liées aux conflits, notamment à travers le Global Survivors Fund.
Je veux aussi saluer notre mobilisation commune face à un phénomène particulièrement préoccupant : les violences faites aux femmes dans l’espace numérique.
La diffusion non consentie d’images à caractère sexuel, le développement des hypertrucages, ou deepfakes, et les nouvelles formes de harcèlement en ligne constituent des atteintes graves à la dignité, à la liberté et à l’intégrité des personnes.
Ces violences touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles et appellent des réponses résolues, à la fois législatives, technologiques, éducatives et internationales.
Alors que l’Assemblée nationale vient d’adopter cette semaine une proposition de loi historique visant à apporter une réponse intégrale aux violences sexistes et sexuelles commises contre les femmes et les enfants, je forme le vœu que notre coopération bilatérale puisse encore s’approfondir dans ce domaine. Et qu’elle contribue, au-delà des violences numériques, à faire reculer toutes les formes de violences et de discriminations dont les femmes sont victimes.
Parce que la défense des droits des femmes n’est pas un sujet périphérique de notre relation diplomatique : elle participe pleinement de notre conception commune de la démocratie et du progrès humain.
Mesdames et Messieurs,
« Créativité, Opportunités, Solidarité ».
Ces trois mots, choisis pour accompagner la célébration du 140e anniversaire de nos relations diplomatiques, résument finalement assez bien l’esprit de notre rencontre.
La créativité, parce que notre partenariat doit sans cesse se renouveler, explorer de nouveaux domaines de coopération et donner toute leur place à nos jeunesses.
Les opportunités, parce que nos deux pays ont tant à construire ensemble, sur les plans économique, scientifique, culturel, environnemental et humain.
Et la solidarité, enfin, parce qu’elle constitue le fil rouge de notre histoire commune, depuis nos premiers échanges commerciaux à l’engagement des volontaires français en Corée, jusqu’aux défis que nous affrontons aujourd’hui.
Je tiens à saluer le travail remarquable accompli par les services diplomatiques français et coréens, ainsi que par toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la riche programmation de cette année anniversaire.
Le colloque qui nous réunit aujourd’hui s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Je souhaite qu’il soit à la fois un moment de mémoire, un espace de dialogue et une occasion de faire naître de nouvelles perspectives pour notre coopération.
Nous avons reçu en héritage une amitié forgée dans l’épreuve. Nous avons aujourd’hui la responsabilité de la faire grandir dans la paix, la confiance et l’action commune. Et nous avons surtout le devoir de la transmettre, plus forte encore, aux générations qui nous succéderont.
Monsieur l’Ambassadeur, merci de votre présence, qui nous honore.
Cher Patrick, merci une nouvelle fois pour votre engagement, pour votre fidélité à cette histoire et pour avoir rendu possible cette journée d’échanges.
Merci à l’ensemble des intervenantes et des intervenants, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui sont venus partager ce moment avec nous. Merci enfin à nos équipes, à toutes celles et ceux qui travaillent depuis des semaines à l’organisation de cette journée.
Je nous souhaite un colloque riche, stimulant et inspirant, à la hauteur de l’amitié qui unit nos deux pays.
Vive l’amitié franco-coréenne !
Merci à toutes et à tous.
Gamsahamnida !