
Madame la Ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé ;
Je m’associe pleinement à l’émotion de mes collègues, et adresse mes sincères condoléances à la famille et aux proches de Lyhanna, mais aussi à toutes les autres victimes connues et inconnues ;
Madame la Ministre, comme vous le savez, je me suis rendue récemment à Madrid aux côtés de plusieurs de mes collègues de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et du Sénat, à l’occasion de la 5ᵉ conférence sur les politiques étrangères féministes. A cette occasion, nous avons pu échanger avec la ministre de l’égalité espagnole, Ana Redondo, mais aussi visiter leur unité judiciaire de coordination des politiques de lutte contre les violences de genre, ainsi que découvrir leur fichier national « Viogen » de suivi des auteurs et de protection des victimes. L’Espagne est bien souvent citée comme l’exemple parfait de la lutte contre les violences de genre, et pour cause : leur loi intégrale date de 2004, et leur Pacte d’Etat de 2017. Alors échanges après échanges, nous avons cherché à comprendre : qu’est-ce qui fait la différence ? Comment arrivent-ils à faire baisser le nombre de féminicides ? La réponse est simple : la lutte contre les violences de genre est une priorité politique, portée au plus haut niveau de l’Etat. Mais surtout, cette priorité se traduit concrètement par une organisation structurée à chaque échelon, ainsi que par des moyens financiers et humains à la hauteur de l’enjeu. Cette loi cadre portée par nos collègues espagnole, a permis de transformer en profondeur le système existant, inefficace, hérité du vieux monde, qui minimise les violences et torpille les victimes. Cette loi-cadre a permis de transformer en profondeur le système existant, en imposant des objectifs, des résultats, et une véritable coordination des politiques publiques. Madame la ministre, depuis plus d’1 an, nous travaillons sans relâche, animés autour de notre collègue députée Céline Thiébaut Martinez, que je remercie, pour qu’une loi intégrale de lutte contre les violences de genre puisse aussi voir le jour en France. Oui, ce pays progressiste, de défense des droits humains, qui a constitutionnalisé l’IVG il y a 1 an doit encore s’améliorer. Madame la ministre, vous nous avez associé à des groupes de travail également pour faire émerger un texte de consensus, transpartisan. Pourriez-vous nous indiquer où en est ce texte ? Comment avancer ensemble ? Notre groupe de travail parlementaire se tient à votre disposition.