

L’exploitation sexuelle des mineurs demeure un phénomène encore largement méconnu du grand public. Pourtant, derrière les chiffres se trouvent des milliers de jeunes victimes confrontées à des mécanismes d’emprise, de manipulation psychologique et de violences particulièrement destructrices.
Le ministère de l’Intérieur recense près de 20.000 mineurs, victimes d’exploitation sexuelle. L’âge moyen de la première situation d’exploitation sexuelle est de 15 ans. 96% des victimes sont des filles et 87% d’entre elles sont françaises.
À travers un témoignage d’une grande force, Jennifer Pailhé est revenue sur le parcours de sa fille Assia et sur le combat qu’elle a mené pour la retrouver, en se faisant passer pour un client prostituteur, la sortir des réseaux d’exploitation et la protéger. Son récit a permis de mieux comprendre les stratégies utilisées par les exploitants pour isoler leurs victimes, supprimer leur autonomie, mais aussi les difficultés rencontrées par les familles lorsqu’elles cherchent à obtenir aide et protection, notamment quand les victimes sont déplacées de ville en ville, rendant quasiment impossible la continuité et l’efficacité du suivi par les forces de police.
Les échanges ont également mis en lumière l’importance du choix des mots et de briser les mythes qui subsistent : “Elle est retournée avec lui”, “Elle aurait dû partir”, “Elle savait ce qu’elle faisait”. Parler d’« exploitation sexuelle des mineurs » plutôt que de « prostitution des mineurs », conformément aux recommandations du comité des droits de l’enfant de l’ONU, permet de rappeler une réalité essentielle : un mineur exploité sexuellement est toujours une victime, et d’inverser la culpabilité.
Au-delà du témoignage, cette discussion a permis d’aborder les enjeux de la prise en charge et de la reconstruction.
Jennifer Pailhé, a notamment souligné la nécessité de renforcer :
Car si la sortie de l’exploitation constitue une étape essentielle, elle ne marque pas la fin du parcours. La reconstruction et la sortie définitive nécessitent du temps, des moyens adaptés et une mobilisation collective.
Cette conférence a démontré combien la parole des victimes est indispensable pour faire évoluer les regards et améliorer les politiques publiques. Écouter celles et ceux qui ont vécu ces violences permet de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre, mais aussi d’identifier les réponses les plus adaptées.
Tout au long de la matinée, les témoignages ont rappelé que derrière chaque dossier, chaque statistique et chaque procédure, il y a avant tout des vies à reconstruire.
Je remercie chaleureusement la Délégation interministérielle à l’aide aux victimes pour son invitation, ainsi que l’ensemble des intervenantes et intervenants pour la qualité de leurs témoignages et de leurs analyses. Leur engagement contribue à faire progresser la reconnaissance des victimes et à renforcer les dispositifs qui leur sont consacrés.
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