
Le 3 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation.
En juin 2025, le monde scientifique alertait sur le risque grave que fait peser le cadmium sur la santé de la population. Le cadmium est un métal lourd que l’on retrouve dans les fertilisants organo-minéraux phosphatés. Il s’accumule dans les sols, migre dans les plantes, avant d’imprégner directement notre alimentation de base et la contaminer massivement.
Les effets du cadmium sur notre santé sont graves. Le cadmium peut altérer le fonctionnement de nos reins, entrainer de l’ostéoporose, contribuer à l’augmentation des maladies cardiovasculaires, entrainer des troubles de la reproduction et aggraver les risques d’endométriose. Il facilite le développement des cellules cancéreuses et a été associé par de nombreuses études au cancer du poumon et il est suspecté d’aggraver les risques de cancer du foie, du rein, de la prostate et du pancréas.
Les enfants sont les premiers concernés par cette contamination. Leur organisme est moins apte à éliminer les substances toxiques, et par conséquent 36 % des enfants français de moins de 3 ans dépassent la dose journalière tolérable. Le cadmium a également un impact sur la santé des fœtus et des nouveau-nés.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), la Haute autorité de santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Santé Publique France et l’association Santé environnement France alertent sur le doublement de l’imprégnation moyenne du cadmium dans les organismes de la population française entre 2006 et 2016.
Il est urgent de mettre fin à ce fléau pour la santé des françaises et des français. Les députés ont adopté de façon transpartisane une proposition de loi écrite par les députés Écologistes Benoît Biteau et Clémentine Autain.
La proposition de loi reprend les recommandations de l’ANSES en établissant un calendrier progressif de réduction des concentrations en cadmium dans les engrais. À compter du 1er janvier 2027, la teneur en cadmium ne pourra pas excéder 40 mg par kg d’engrais et à compter du 1er janvier 2030, ce seuil sera abaissé à 20 mg.
L’adoption de cette proposition de loi à l’Assemblée nationale est une première étape cruciale dans la protection de nos concitoyennes et de nos concitoyens. En déplacement à la 5e conférence sur les politiques étrangères féministes, je n’ai pas pu prendre part au vote mais j’appelle de tous mes vœux son adoption au Sénat le plus rapidement possible, avant que l’on puisse l’adopter définitivement ensuite à l’Assemblée nationale.
Alors que les professionnels de santé alertent sur l’augmentation des cancers, il est temps de remédier aux décennies d’inaction sur la contamination au cadmium. Faisons le choix de l’avenir et protégeons les jeunes générations.